Reportage photos: Motocross de Genk 2011
L’équipe d’Infosports s’est rendue à Genk vivre le motocross organisé par le MC Santi en live en ce beau dimanche ensoleillé et vous fait partager son expérience.
Liège, Dimanche 20 Mars 2011, 8h30
Embarquement immédiat direction Genk pour un motocross national organisé par la Fédération Motocycliste de Belgique (F.M.B.). François et Laurent seront vos envoyés spéciaux en cette fin de week-end. Pas totalement réveillés mais très enthousiastes à l’idée de pénétrer un monde méconnu: le monde du motocross.
9h45: Arrivée sur le site… Parking le long de la grand route… On voit déjà au loin les sides-cars qui s’en donnent à cœur joie pour leurs essais matinaux. Le circuit se trouve dans une trouée au cœur de la forêt. L’organisation semble bien rôdée. Le site est bien balisé, les entrées sont fluides.
Un petit village improvisé s’offre à notre regard. Une bonne centaine de caravanes et de « mobiles home » sont groupés sur une moitié du site. Dès notre entrée, nous sommes frappés par l’atmosphère tranquille qui se dégage du « paddock ». Nous croisons une famille entière sur un side car, les femmes qui conduisent à moto leurs hommes vers la ligne de départ. Les gens discutent, rigolent, ils ont l’air d’avoir le temps. C’est la fête de la moto. Elle est briquée, révisée de fond en comble alors que dans quelques instants, elle reviendra à l’assistance maculée de boue.

10h15: L’heure de départ de la première course, celle des « Seniors Open » (Pilotes de 25 ans et plus). Le bruit au départ est tout simplement monstrueux. Les moteurs vrombissent 5 secondes avant le départ, les barrières s’abaissent, la meute s’élance. Le règlement est simple: 2 manches (1 le matin, 1 l’après-midi, de 15 minutes à 20 minutes selon les catégories plus 1 tour). Le premier qui passe la ligne gagne la manche. Le vainqueur de l’épreuve est celui qui obtient le meilleur résultat au total des 2 manches.
On comprend vite que les pilotes sont de vrais équilibristes. A chaque accélération, leur roue arrière part dans tous les sens, passant d’ornière en ornière. La réception des sauts demande une concentration et une bonne dose de force physique, la prise de virage requiert une précision chirurgicale. Ajoutez à cela que toutes ces difficultés s’enchainent sans repos et vous aurez compris l’effort intense fourni par les pilotes.
Les plus habiles freinent très tard avant une courbe, ne donnent pas de petits coups de gaz dans la première moitié de celle-ci et réaccélèrent un bon coup une fois la moitié du virage franchie.
10h45: c’est le moment pour les « jeunes » (12 à 14 ans) de se mettre en évidence. A leur âge, ils pilotent déjà des 85cc… Et tout ce qu’on peut dire, c’est que ça envoie. Les similitudes avec les « grands » sont affolantes: les sauts, les virages coupés, le pied sorti, le coup d’accélérateur au bon moment.
Une graine de champion est peut-être là, sous nos yeux: n’oublions que les Everts, Smets, Bervoets viennent du Limbourg.
Les 2 premiers volent littéralement, surclassent leurs adversaires et se livrent une bataille sans merci. Malheureusement, le leader chutera à la mi-course, se relèvera courageusement et remontera à une belle 10e place. En 2e manche, on assistera à un remake du duel à l’avant mais cette fois-ci, il tournera à l’avantage du vaincu de la première manche.
A noter une impressionnante chute en début de seconde manche. Une réception sur la roue avant lors d’un saut, le pilote qui passe au dessus de la moto… Ca se passe en un éclair, comme quoi la moindre erreur ou presque se paie cash. Il sera emporté en civière mais uniquement par souci de sécurité, fort heureusement.

11h15: c’est au tour des juniors (14 à 16 ans) de s’élancer. Nous décidons de nous diriger vers le chapiteau/buvette. Derrière la foule des spectateurs, on entrevoit que des trainées rouges, vertes, blanches à mesure que les concurrents défilent. L’impression de vitesse en est renforcée.
Ce n’est qu’en traversant la piste qu’on se rend compte qu’elle est bien boueuse. Le week-end étant sec, nous pensions que la piste le serait aussi. Quelle erreur, nos godasses sont pleines de boue… Nous n’osons imaginer l’effort des compétiteurs lorsque le terrain est encore plus lourd, que la pluie est au rendez-vous.
C’est un beau circuit. Rien à voir avec le motocross de Namur au niveau de la hauteur des sauts mais c’est un circuit varié avec des virages rapides et lents entrecoupés de butes de 4 à 8 mètres. Un circuit bosselé également et l’on se dit que ça doit être usant d’encaisser sans cesse ces petits mouvements de terrain.
Les courses s’enchainent. Les Espoirs (16 à 18 ans), les Mx1, 2 et 3 se succèdent sur la piste. Enfin, tout s’arrête. Il est grand temps de reconstituer nos réserves.
13h35: le clou du spectacle, les sides cars... Tout simplement magique. C’est tout à la fois impressionnant de force mais également de précision et de fluidité... Nous avons envie de comparer cette discipline à une danse. Le « singe », l’homme qui ne pilote pas, se déplace d’un côté à l’autre de la moto dans les virages pour la faire tourner, lui donner la bonne trajectoire. Il n’hésite pas à effectuer son déplacement même lors des sauts. Une danse risquée. Penché à l’extrême, hors de la machine, le singe est parfois percuté par une autre moto et nous n’osons imaginer la catastrophe si celui-ci tombait de l’engin.
14h10: Les Quads font leur entrée. Ca semble moins passionnant tout d’un coup. Par contre, niveau bruit, l’intensité y est. Les réceptions de sauts sont chaudes. On s'en rend bien compte avec les quads. Les roues partent souvent en travers.

Ce sport est-il dangereux?
Pour les pilotes, certainement. Dès qu’ils chutent, ils sont frôlés par des motos lancées à toute allure. C’est impressionnant. Mais ils sont bien protégés et entraînés pour éviter autant que possible les blessures graves. De plus, les commissaires de piste font bien leur boulot. Placés tous les 50 mètres environ, à chaque difficulté, ils agitent leur drapeau dès qu’un incident survient… Et même les arbres qui bordent la piste sont recouverts de mousse pour amortir les chocs.
Pour les spectateurs, pas de danger. Le pire qui pourrait vous arriver est de tomber en escaladant les butes bordant la piste. Du moins si vous respectez la plus élémentaire prudence.
Parlons sous, pour terminer. Le prix d’entrée: 14 euros. A titre de comparaison, une place de foot en D1 belge, c’est 15 euros (et encore, on reste très gentil), la D2 belge, 10 euros. Le basket, quasi pareil. Un match de tennis (Challenger de Mons), une vingtaine d’euros. Ici, le spectacle s'étend de 8 à 18 heures quasiment sans interruptions (5 minutes entre chaque course, et encore, plus une coupure en début d'après-midi). L’ambiance est familiale, pas de bagarre sur le terrain, de supporters hostiles (ils sont d’ailleurs disciplinés, tant francophones que néérlandophones), pas de risques pour les enfants, possibilité de bouger, de se promener, de rencontrer les pilotes, de se restaurer à tout moment, de discuter autour d’un verre en profitant du show, de le voir sous tous les angles.
Une bonne idée sortie pour les prochains week-ends ensoleillés, assurément!
Le programme des prochaines courses:
Le programme des prochaines courses:
27 mars: Lommel
17 avril: Mons Ghlin
1 mai: Beervelde
Découvrez notre reportage photo complet ici!
Texte: François Heinesch et photos: Laurent Maréchal
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